jeudi 31 juillet 2008

Abécédaire : Z

- Zut ! C'est fini ! On se le refait encore une fois ?

Maintenant Je Peux Pleurer





Quelques années à y songer, une année de préparation et d'organisation, 22 jours de vélo et 1600 kilomètres, tout ceci tendu vers un seul but : toucher la colonne centrale du Portique de la Gloire, comme des centaines de milliers d'autres l'ont fait avant moi, à tel point que cette colonne qui est maintenant devant moi est creusée de la forme d'une main. Ce pèlerinage se termine à l'instant précis où ma main touche la colonne, et toute la tension qui s'accumulait de plus en plus au fil des semaines et des jours s'évacue.
Maintenant je peux pleurer.

Ca Va Bien Se Passer...

Ca va bien se passer...

J-2, je relis mes notes de 1996 :
J1 04/08 « ...changement de pneu pour Bonnaf’ ( !!!)... »
J2 05/08 « ... nous nous arrêtons à cause de la pluie ... »
J2 05/08 « ...Deux rayons de cassés... »
J2 05/08 « ...nous sommes arrêtés pour un problème mécanique sur la sacoche de Bonnaf’... »
J3 06/08 « ...bloqués par la pluie à Sénergues... »
J3 06/08 « ...nous échappons de justesse à un énorme orage... »
J4 07/08 « ...contempler Conques malheureusement sous la pluie... »
J6 09/08 « ...on a décollé à 8h10 du camping de Cahors, on est toujours à Cahors à 8h50 (on se démerde mal dit Dédé) ... et nous sortons réellement de Cahors à 9h30... »
J7 10/08 « ...le temps est vraiment maussade... »
J7 10/08 « ... poursuivis par les chiens... »
J7 10/08 « ...camping où il y a une super séance de mécanique avec un moyeu et un pédalier pour Jipé, ma nouvelle roue, un frein pour Freddy, etc. ... »
J8 11/08 « ... Ultréia, veut dire pas le temps de s’arrêter, pas le temps de savourer l’étape du jour, il faut penser à ces lendemains, il faut avancer, ultréia... »
J8 11/08 « ... redépart à 11h20 pour tout de suite un arrêt mécanique de 55’ !!... »
J9 12/08 « ... éclatement du groupe, aller retours, j’arrive avec 104 km au compteur, 19h... »
J10 13/08 « ... 1 rayon de cassé pour Freddy, un support de porte bagage pour Bonnaf ‘, le patin de frein de Freddy... »
J11 14/08 « ...la brume qualifiée de beau temps par Pat, ... pourcentages horribles, trempés de sueur dans le froid... »
J11 14/08 « ... bilan des crevaisons à ce jour : Biki 3, Freddy 1, Bonnaf’ 1, Dédé Pat Jipé 0... »
J12 15/08 « ... nous devons compter avec un paramètre que nous avons négligé, la fatigue qui met tout le monde sur les nerfs... »
J14 17/08 « ...3/4 d’heures de réparation de diverses crevaisons... »
J15 18/08 « ... long arrêt à Atapuerca pour cause d’orage... »
J16 19/08 « ... alors pour tenir le compte des incidents mécaniques, Dédé a crevé le soir, recrevé le matin, ce qui fait que le départ du camping est difficile... »
J17 20/08 « ... journée faste pour Freddy puisqu’il pète une chaîne et un dérailleur dans un champ de blé avant Sahagun et son câble de frein arrière juste après être parti du repas... »
J18 21/08 « ... on perd 1/4 d’heure par mésentente... »
J18 21/08 « ... Grosse défaillance de Dédé... »
J19 22/08 « ...malgré la très belle lumière matinale un début d’étape difficile pour moi à tel point que je me demande si je vais passer la bosse... »
J19 22/08 « ... crevaison pour ma pomme, provoquée par... la bande anti crevaison !... »
J19 22/08 « ...Dédé se fout le camp avec 2 cyclos et nous restons là plantés à le chercher... »
J20 23/08 « ... malgré les panneaux « vélo » indiquant la gauche, Dédé prend la Nationale, moralité, O Cebreiro le col magique devient 1h30 à 2h d’enfer à bouffer du camion et de la voiture... »
J20 23/08 « ...Patrice fend sa jante... »
J20 23/08 « ... il semblerait que nous ayons eu en tout et pour tout 3 jours de beau temps... »
J21 24/08 « ...une météo bretonne nous accompagne... »
J22 25/08 « ... je me perds dans Santiago... »

Ca va bien se passer.

Tombes De Pèlerins Découvertes A Alba




Revue du Vivarais Tome LXXII n° 614 avril-juin 1968


















Coquille de pèlerin découverte dans un garage à vélos non loin d'Alba la Romaine (2008)




Les Pérégrinations De Pibob

Pibob, c'est mon père, 5 arrivées à Santiago de Compostela (dont une qu'il ne compte pas, n'ayant fait "que" 350 km), et une sixième en perspective pour l'automne...
Voici un petit bilan qu'il dresse :


SANTIAGO et MOI,

Pourquoi ? Je pense avoir cédé à un phénomène de mode, avant même que l'équipe vététiste dAubenas n'ait « fait » le Chemin.
Comment ? A pied, évidemment.

Première Compostella
4 segments : Le premier à 4 avec voiture suiveuse nous a conduit du PUY à CONQUES . Du 10 au 19 septembre 1996. Plusieurs sujets de tension entre Evelyne et Moi.... Hébergement dans des gîtes ou hôtels douteux pour la plupart. Débriefing à Conques : Les Gitenet n'iront pas plus loin.
Nous décidons après quelques jours de réflexion de continuer, Lali et moi, mais avec le concours de « La Pèlerine » : Lali ne peut pas porter de sac, et je ne peux porter le sac de deux personnes....
CONQUES / MOISSAC : Du 26 mai au 04 06 97. Hébergements de qualité, sauf l'un d'entre eux, dans le Quercy. Bernard et Myriam nous tiennent compagnie deux ou trois jours. Très bon souvenir. On continuera..
Longue interruption liée à mes ennuis de santé en 1998, puis à un retour des Gitenet à qui nous avions proposé le Stevenson, réalisé en 1999.
MOISSAC / VIANA : Seul, évidemment.. Du 1 au 21 octobre 2000. A nouveau avec « La Pèlerine ». Prestations inégales, moral très moyen. La partie française est la moins intéressante jusqu'ici. J'apprécie en revanche l'ambiance du Camino et des rencontres intéressantes.
VIANA / SANTIAGO : Seul mais avec le sentiment d'une ordalie. Du 16 mars au 6 avril 2001. Je tiens l'ordalie pour positive et me donne le droit de rebondir.

Deuxième Compostella.
Un sentiment de frustration tout de même, avec le besoin de faire une « totale » Un premier essai en 2003 sur Le Puy. Arrêt pour un probable manque de motivation, malgré une excellente forme (310 kms en 10 jours). Des nouvelles peut-être préoccupantes de l'Ardèche. Arrêt à Saint Côme d'Olt...
Le deuxième essai sera le bon : Arles / Santiago du 12 septembre au 2 novembre 2004. Bonne forme. Transfert en voiture du sommet du Somport à Burguete, un peu sur l'insistance de Claude et aussi pour retrouver plus rapidement l'ambiance du Camino. Très peu de monde en effet sur la Voie d’Arles.

Troisième Compostella.
Saint Jean Pied de Port / Santiago du 30 août au 27 septembre 2005. Je voulais en effet passer par « le haut » et ai segmenté la première étape à Hounto, rejoint le soir après la nuit du 29 au 30 et une partie de la journée du 30 en train. Cheminement rapide . Marqué par la rencontre avec LEROUX., veuf récent,, juge au Tribunal de Commerce de Nantes et qui m'indique que, s'il avait su me rencontrer, il aurait terminé au lieu de s'arrêter à Leon ... Il apprécie ma formule : hôtels moyens ou bons, réservés la veille (il ne parle pas espagnol), marche en solitaire et discussions du soir éventuellement avec des groupes. Françoise m'a accompagné au départ, jusqu'à Saint Guilhem, et est venue ensuite sur le segment Logrono / Burgos.


Quatrième Compostella.
La plus « personnelle », la plus importante pour moi : A cela plusieurs raisons : Le choix d'un départ de Joyeuse alors que je mûrissais mon retour en Ardéche,, la nécessité de sortir le plus possible de la rupture avec Françoise, et, a posteriori, la rencontre de Nathalie excellente compagne de Camino. JOYEUSE / SANTIAGO : Du 11 avril au 11 juin 2007. Première partie Joyeuse / Narbonne plage le + souvent par route, deuxième partie Narbonne / plage Saint Jean par le chemin du Piémont pyrénéen du moins en gros(seul., je préfère éviter trop l'isolement dans les secteurs vallonnés ou le portable ne passe pas.). Nathalie donc à / c de Puenta la Reina. Bonne thérapie, moral meilleur, et je fixe mon retour en Ardèche.

Par ailleurs : Par « tranches » de 3-4 jours j'ai marché sur Cluny / le Puy, intégral, Lyon / le Puy (manquent 60 kms), Genève / le Puy par la variante de Saint Antoine. Ceci seul ou avec Françoise, à peu prés à parts égales.

Enfin sans réclamer de Compostella, j'ai fait Hospital de Orbigo / Finsterra l'automne 2007. Il importait, en effet, que je passe de Villafranca de Bierzo à Trabadelo « par les hauts », depuis une mise au défi par Franck, pélerin viennois., et accessoirement, que j'évite le goudron entre Hospital et Astorga. Je n'ai pas compté les jours.
Je ne compte plus les kms depuis longtemps... J'ai conscience cependant d'avoir fait 25 kms / jour en 2007 et les deux fois. Prés de 30 kms / jour au printemps 2001.

Par superstition pure, je n'indique pas ici mon projet. J'espère ajouter une cinquième Compostella à la collection ...... Tout simplement.

mercredi 30 juillet 2008

Change Ma Vie

Dimanche 4 août 1996, première journée, Chapelle Saint Roch. Nous faisons une courte halte. Dans la chapelle, une femme, ni jeune, ni vieille, ni belle, ni laide. Elle écrit quelque chose sur le registre. Quand elle a fini, elle s'en va, elle a le regard lointain, refuse de croiser le mien.
Quand je passe devant le registre, je vois ces trois mots :
"Change ma vie."

Dédé



"Il est avec vous, le petit monsieur ?"


Oui oui il est avec nous !!

Et comment ne pas le remarquer qu’il est avec nous ! Dédé développe une énergie inversement proportionnelle à sa taille (1), ainsi qu’une capacité à vibrionner impressionnante (2).
Y a-t-il une co..erie à faire ou à dire ? Dédé répond présent !





Dédé for Président !











Randonner avec lui est ainsi assez stressant, d’autant plus que Dédé traîne à l’arrière et suit scrupuleusement le balisage (« ben oui, les chemins indiqués par les croix »),













ou file devant dans la mauvaise direction, quand il ne perd pas le groupe parce qu’il discute avec d’autres randonneurs !
Dédé passe son temps à s’extasier devant les paysages (« Que c’est bôôôôô ! ») – particulièrement les Gorges de la Vis -, les animaux, et la Nature en général, et à bougonner contre les hommes qui abiment tout, bien qu’il recherche avidement le contact humain et la discussion, la barrière de la langue étant inconnue pour lui (3) (Dédé parle aussi aux animaux, et à la pluie).







Dédé avait 58 ans quand nous avons fait Santiago ’96, c’est pour lui que nous faisons la replica en 2008, faîtes le calcul, les chiffres ronds ça se fête (4) !











Mais comment fera-t-il sans Bonnaf’ son alter ego et souffre-douleur ?









































(1) petite taille à l'origine de ses surnoms "Le pin's", "Schwarzy"
(2) d'où son surnom "The Fly"
(3) d'où son surnom "vététas"
(4) d'où ses surnoms "Le vieux", "Le débris"

Lost In Santiago

Dimanche 25 août 1996, arrivée à Santiago de Compostela. Malgré 3 (trois) cartes de Santiago ("l'organisation c'est le secret de la réussite") je me perds dans Santiago.
Lost in Santiago.




Ensuite, m'arrêtant pour mettre le T shirt propre, je perds les compères, et trouve difficilement et en dernier la Plaza del Obradoiro et la cathédrale (qui ne se découvre qu'au dernier moment, mais quel moment !).

























"Lost" in Santiago, mais n'y aurait-il pas une certaine ressemblance avec John Locke, l'"homme de foi" ?

mardi 29 juillet 2008

lundi 28 juillet 2008

Abécédaire : V W X Y

- Vététas : Un des multiples surnoms de Dédé, gagné à Larrasoaña
- Villafranca del Bierzo : Etape n°09, lundi 11/08/08
- Villamartin : Etape n°19, jeudi 22/08/1996; remplacée par Villafranca del Bierzo en 2008
- Vitraux : Un des points remarquables de la cathédrale de León
- Voie lactée : La Voie Lactée indique-t-elle le chemin de Compostelle ? Lire cet article très complet
- Voiture accompagnatrice : Voir sacoches
- Volkswagen : Mais oui on en trouve sur le Camino !


Ne manque que ce modèle :















- VTT : Le plaisir entre tes jambes, si si !!
- Webcam : Voir celles de Santiago, celle de Pamplona, et d'autres;
- X : Certaines sculptures de Fromista le sont classées.








- Yack : On dit que certains participants en avaient l'odeur ...



- Yubi : Nous a accompagné au début de notre première étape, en nous racontant la parabole des dix oiseaux dont le dernier avait une patte dans le vide…

Ombres Et Lumières A Estella


Cloître de San Pedro de la Rua.
Qui saura me retrouver la symbolique de cette colonne, "ce qui est ainsi sur terre sera différent au ciel", illustration des Béatitudes ?

Freddy

Freddy de stèle en socle

Il est d’où ce gars là ?
Alsaco, Beaujolpif, Drômois, des Montagnes Rocheuses alias Rocky Mountains, de l'Afrique-dis-donc-tu-as-gagné-la-chance-là ? A moins que finalement ce ne soit un futur merdaillon…
En tout cas le rayon d’action de Fast Freddy, s'il couvre le monde entier, est exclusivement VTT, c’est marqué sur le cuissard !












Un tempérament serviable doublé de compétences mécaniques un peu supérieures à celles des autres membres du groupe en font le mécano de celui-ci, mécano alerté par le cri magique « Freddiiiiiiiiiiiii »






Malgré son aversion légendaire pour les basses températures, il n'a pas froid aux yeux et a participé à tous (ou presque) les périples VTT que j'ai organisé depuis 1996, entre autres deux Transpyrs, une descente de la Loire, un Tour des Vosges, une grimpée du Pico Veleta pour ne parler que des principaux.

Il est ainsi le plus fidèle de ceux qui me font l'honneur de se dénommer les "Biki's boys".

dimanche 27 juillet 2008

On Fait Tous La Même Photographie...

On fait tous la même photographie (on le verra en consultant ce blog), mais on ne met pas tous la même légende...
Le numéro de juillet août 1996 de Vélo Vert (avec Ludwig... Bourdon en couverture - ! -), paru donc juste avant notre départ, comportait un article sur la randonnée effectuée par deux vététistes Sébastien Caquard et Richard Brunel, qui avaient parcouru le Chemin du Puy en Velay à Saint Jacques de Compostelle, soit très précisément ce que nous allions faire quelques jours plus tard. Entre autres photos alléchantes il y avait celle-ci, magnifique, avec cette légende « La Gascogne regorge de chemins sympathiques et attirants. »






En traversant le Sud Ouest lors de notre périple, j’ai en tête ce paysage, m’attendant à le voir apparaître au détour du chemin, en vain...

Quelle n’est donc pas ma surprise, au seizième jour de notre randonnée, lors de l’étape Burgos – Carrion de los Condes, de le découvrir en arrivant au sommet de l’Alto Mostelares.
Certes le paysage n’est plus vert mais jaune, mais c’est bien le même. En y réfléchissant a posteriori, la « Gascogne » ne serait elle pas une coquille pour la « Castille » ?












Le point de vue assez exceptionnel qu’offre ce sommet sur les champs de Palencia (ainsi que la joie de l’avoir gravi) incite le pèlerin à sortir l’appareil photo :

(Photos trouvées ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, et )




















Joie

Le Mont-Joie, le Monte de Gozo, est l’endroit où le pèlerin voit pour la première fois les flèches de la cathédrale de Saint Jacques de Compostelle. Voila la vision que nous avons eue à cet endroit :



(Nous sommes passés à quelques mêtres du fort laid monument au pèlerinage de Jean Paul II sans le voir !)

Abécédaire : T U

- T shirt : Voir le modèle 1996, et le 2008.
- Timbre : Nécessaire sur le guidon, je ne le répèterai pas !!!
- Transpyr : Traversée longitudinale des Pyrénées; coupe transversalement par définition les chemins de Saint Jacques.








- Ultreia : cri de ralliement des pèlerins jacquaires: "encore plus loin".
- Unique : voir Exceptionnel, extraordinaire, énorme, épique.

Les Cols Sur Le Chemin De Saint Jacques : De Villafranca Del Bierzo A Samos

Autre étape de montagne, autres hauts lieux du Camino...

Le premier de ces hauts lieux est le village de Cebreiro ou d'O Cebreiro, lieu du miracle du "moine de peu de foi".

Pour monter à O Cebreiro, deux options :
- la route, qui passe alors par le Puerto Piedrafita do Cebreiro (ou Porto do Cebreiro, ou Portis Montis Februari), 1109 m, N-VI - LU-633 (grimpée assez pénible en vélo du fait de la circulation).
- le chemin ou sentier, qui semble assez difficile au niveau de La Faba.

Le débat est ouvert pour savoir si l'Alto do Cebreiro est un col ou non (au sens du Club des Cent Cols) :
- Arguments pour :
. un (ou 2) panneau(x) du modèle habituel pour les cols
. le village est incontestablement situé sur un col topographique
- Arguments contre :
. les panneaux sont situés à distance du col, au sommet de la bosse précédent le village
. la signification ubiquitaire du terme "alto"
. l'insistance avec laquelle les cartes situent cet "alto" sur le point haut de la route et non au point bas...
Bref qui est "de peu de foi", ceux qui croient au col ou ceux qui n'y croient pas ?
















(photo 2001)








En poursuivant la route (et le Chemin), on passe l'Alto de San Roque, 1271 m, LU-633, et sa célèbre statue (photo 2001).


















On passe ensuite le Puerto El Poyo ou Alto do Poio, 1337 m, LU-633 (photo Pibob 2007).