dimanche 6 juillet 2008

Le Ciel Est Aussi Noir Que Les Intentions De Dark Vador

"Le Bon Sens Paysan N'Est Plus Ce Qu'Il Etait" :
" Mardi 20 août 1996
Le temps est menaçant depuis ce matin. Au départ de Carrión de los Condes, l’orage et la pluie nous ont longtemps accompagné ce matin sur notre nord en nous épargnant, puis la situation s’est améliorée à Sahagún. Mais maintenant, il paraît inévitable que nous allons prendre une rincée monumentale. Nous traversons la meseta direction Mansilla de la Mulas et l’horizon est barré par un ciel aussi noir que les intentions de Dark Vador."













Situation vécue par d'autres pèlerins :














(en même temps, Dark Vador, c'est plus ce que c'était...)

Les Fêtes De La San Fermin Ont Commencé...

Les Fêtes de la San Fermin ont commencé aujourd'hui 6 juillet à Pampelune !
A suivre ici, ou sur cette webcam.
Cuidado peregrinos, pas la période pour traverser Pampelune !

vendredi 4 juillet 2008

Abécédaire : M N




- Mansilla de las Mulas : étape n°7, samedi 09/08/08; étape n°17, 10/08/96. Célèbre pour son camping à l'accueil, disons, "décalé", et sa chaleur. Le panneau d'entrée de Mansilla indique fièrement le camping !







- Mantecadas : patisserie, spécialité d'Astorga, effet miraculeux sur les coups de barre.
- Martir d'Arménie : ou Martyr d'Arménie. Comme Godescalc, évèque (arménien) ayant fait le pèlerinage au XV° siècle. Tiens, à propos d'Arménie, connaissez vous cet autre blog "Arménia 2009" ?
- Matamore : l'iconographie de Saint Jacques comporte plusieurs catégories, dont celle du Saint Jacques "matamore" (voir Google ou Flickr). Le Saint serait apparu à cheval lors d'une ou plusieurs batailles de la "reconquista" opposant les espagnols d'alors aux maures occupant la péninsule. D'où l'image du Santiago matamoros, "tue-maures", monté sur un cheval, brandissant l'épée, et dominant les cadavres de ses adversaires. Dans la série de photos ci dessous, un intrus s'est glissé, saurez vous le reconnaître ?
- Maures : il est alors plaisant de remarquer que Franco, qui avait vu dans son combat "au nom de Dieu et des Evangiles" contre les "Rouges" une "Sainte Croisade" conduite sous les auspices de l'apôtre Saint Jacques, s'est très largement appuyé sur des troupes d'origine... marocaines ! (les maures, d'où quelques embarras).
- Mécanique : j'ai un problème mécanique se dit : "Freddiiiiiiiiiiii !"
- Melide : étape n°11, mercredi 13/08/08; étape n°21, 24/08/96.
- Meseta : trois lignes droites : une qui marque l'horizon, deux en lignes de fuite qui sont le chemin, vous êtes sur la meseta, immense plateau entre Burgos et León où l'on touche à la quintessence du Chemin (photo trouvée ici, datant de 1991 !)















- Météo : voir froid et chaleur
- Moissac : son cloître est l'une des merveilles du Chemin










- Montjoie : ou Monte de Gozo, voir Joie
- Navarette : étape n°4, mardi 05/08/08; étape n°14, 16/08/96. La rencontre dans cet hôtel il faut le dire un peu miteux avec trois toreros nous plonge dans l'Espagne profonde. Petit Santiago matamoros quasiment en face de l'hôtel (photo Pibob).



















================================
Matamoros :





jeudi 3 juillet 2008

Fatigue !!!

Fatigue !
Trois semaines à rouler, des sacoches un peu chargées, un relief parfois vallonné, un lit différent chaque soir, l'ambiance espagnole... La fatigue est là !
Elle fait partie intégrante de notre quotidien, comme les petits problèmes mécaniques...
La sieste est obligatoire, comme ici à la Cruz de Hierro (photo Rebel).







Les plus touchés seraient-ils le Muppet Show (les deux vieux au balcon), alias Dédé et Bonnaf' ?
Ils ont honteusement zappé Eunate pour siester dans le fossé, et les deux SDF qui en écrasent devant San Isidoro à León au lieu de s'extasier, ce sont nos deux compères !! A leur décharge, ce sont les seuls à rouler depuis le début (j'ai sauté l'étape Cajarc -Cahors pour me rendre aux obsèques de mon grand-père).
















Il faut dire que pour Dédé cela a commencé tôt, la preuve, que fait il lors de la visite de l'Église Sainte-Quitterie d'Aire sur Adour (classée au patrimoine de l'Unesco !) au lieu d'écouter les passionnantes explications du guide ? Il prolonge discrètos sa nuit (tout en feignant d'être très intéressé)...





















Et Bonnaf' à Najera n'est-il pas la plus belle illustration de l'expression "bailler à se décrocher la machoire" ?



On Va Devoir Subir Leurs Blagues Tout L'Eté Sur Leurs Plages

"Maintenant que l’Espagne a gagné quelque chose, on va devoir subir leurs blagues tous les étés sur leurs plages." Copyright Les Cahiers du Football.

Apparemment on va devoir aussi subir leurs blagues sur le Camino !

"Aragones, heureux, part en pèlerinage
"C'est un jour heureux pour l'Espagne", a commenté Luis Aragones, le sélectionneur de l'Espagne, qui a admis avoir gardé toutes les émotions à l'intérieur, après la victoire de son équipe en finale de l'Euro-2008 contre l'Allemagne (...)
En attendant, le sélectionneur va devoir tenir son engagement de faire le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle en cas de succès. Aragones, dont le contrat de sélectionneur a pris fin avec la victoire contre l'Allemagne à Vienne (1-0), avait promis de parcourir les chemins menant à Saint-Jacques en compagnie de son épouse si la "Roja" remportait le titre européen
."
(7sur7)

mercredi 2 juillet 2008

1er juillet, Paris : rue Saint Jacques


Passage obligé lors de toute visite à la capitale. Au bout de la rue, Santiago de Compostela, il suffit d'y croire.

lundi 30 juin 2008

Nathalie Attaque La Meseta Et Son Destin


En 2007 mon père ("Pibob") a réalisé son 4ème Saint Jacques, partant du village ardéchois où il a exercé durant 20 ans, Joyeuse. Deux mois de marche à pied (63 jours très précisément) durant lesquels il a entre autres cheminé avec Nathalie, québecoise, qui faisait un Chemin de Saint Jacques de deuil.
C'est lui qui a intitulé cette photo qu'il a prise "Nathalie Attaque La Meseta Et Son Destin".

Le Botafumeiro



Le Botafumeiro est un encensoir géant (hauteur 1,60m, poids 54kg) qui est balancé de manière spectaculaire au dessus des pèlerins lors des messes dans la cathédrale de Santiago.















"Il passe au ras du sol à une vitesse de 68 km/h en laissant derrière lui un fin sillage de fumée et d'encens." (Wikipédia)Très impressionnant !


Voir cette très belle animation.


dimanche 29 juin 2008

Les Cols Sur Le Chemin De Saint Jacques : De Estella A Belorado


[edit] La Cruz del Portillo, 537 m, sur la NA-132B se trouve à 1,5 km de la NA-111 peu après le monastère d'Irache.






















Deux Portillos encadrent Torres el Rio, El Portillo 468m sur le trajet du Camino sur la NA-7205 avant Sansol, et El Portillo 507m , environ 1 km à la sortie de Torres del Río.
Ce second Portillo est situé sur la N-111, à environ 300 m au nord du Camino (lignes vertes).



Rien de Navarette à Belorado...

E viva España

- España : E viva España

Bon, il fallait bien qu'ils finissent par en gagner une !
"Maintenant que l’Espagne a gagné quelque chose, on va devoir subir leurs blagues tous les étés sur leurs plages." Copyright Les Cahiers du Football.

Les Cols Sur Le Chemin De Saint Jacques : De Pamplona A Estella

Les cols se situent au passage de la Sierra de El Perdón o Erreniaga.

- Si l'on emprunte la route (N-111), on passe le Portillo del Perdón 674m.

- Si l'on emprunte le Camino, on arrive à la crête (au niveau des statues métalliques jacquaires, flèche rouge gauche) à la cote 770m, à 430m à l'ouest du Portillo de Adiós 794m (revêtu, flèche rouge droite), à faire donc en aller - retour.

En poursuivant encore 3,5 km sur la crête à l'est, on atteint le Puerto del Perdón 1029m (revêtu, non encore inscrit au Catalogue des Cols de Navarre).

Pour la redescente, on peut soit poursuivre le Chemin, soit descendre donc à la N-111 pour passer ce Portillo del Perdón 674m.

A partir de cette N-111, à hauteur de Muruzabal environ, on peut aller chercher le Portillo de Millán 542m (non revêtu ?) moyennant 2,4 + 2,4 = 4,8 km en aller - retour.


















Références : Catalogue des Cols de Navarre, Club des Cent Cols.

Abécédaire : L

- "Laissez moi mourir !" : La légende raconte que lors de la traversée du Vercors préparatoire à Santiago 96, Fast Freddy, frigorifié dans l'orage de grêle, aurait prononcé cette phrase historique en s'asseyant désespéré sur un rocher. Un espèce d'anti-Guillaumet en quelque sorte ? Phrase largement reprise depuis, personnellement j'utilise fréquemment la variante "Laissez moi dormir !" au petit matin.
- Larrasoaña : Premier panneau "Santiago xxx km" (760 en l'occurrence). Première étape en Espagne. Nous espérons y revoir el señor Santiago Zubiri.
- León : Ne pas confondre avec Léon. Superbe cathédrale, vitraux impressionnants. Splendide basilique San Isidoro qui a attiré l'attention de Dédé et Bonnaf'.
- Livres : Des mètres linéaires de livres sur Saint Jacques de Compostelle occupent désormais les rayons des librairies. On trouve tout, de "Les Jacques et le mystère de Compostelle" jusqu'à "Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle" ! (si si !).
Dans cette montagne (ici, ici, ou ), les livres de référence ? Barret - Gurgand, Vincenot (malgré cette mauvaise critique)... A fuir : Paulo Coelho (et Shirley Mc Laine).
- Lolo : Participant 2008; voir ici.

1996 :














2001 lors de mon Santiago routier; on constate que si le panneau se dégrade, la maison, derrière s'agrandit;


















comme on peut mieux le voir sur cette photo trouvée ici

vendredi 27 juin 2008

Donde Se Cruza El Camino Del Viento...

Le journal de Bernadette


... Con el de las estrelas.


Jeudi 15 août 1996, après la traversée de Pampelune, se profile la dernière bosse (avant les montes de Oca et la Cordillère Cantabrique bien plus loin) : le Perdón.Cette petite barre (passage de 450 à 800m d’altitude) qui bouche l’horizon présente la particularité d’être plantée d’une impressionnante rangée d’éoliennes (que l’on voit de loin) ainsi que d’une sculpture jacquaire (que l’on découvre au sommet) représentant une troupe de divers pèlerins. « Donde se cruza el camino del viento con el de las estrelas » !





















(ma photo)













(trouvée sur Internet ici)




jeudi 26 juin 2008

Plus Que Vingt Bornes !

Vendredi 23 août 1996, la journée du Cebreiro. Nous sommes partis le 4 août, cela fait donc 19 jours que nous roulons sans interruption. La fatigue est désormais une compagne quotidienne. Cela fait une dizaine de jours que j’ai remarqué cela pour mon cas personnel. Avant hier Dédé a eu sa grosse défaillance, moi même je n’étais pas frais au départ d’Astorga hier. Qui dit fatigue dit tension nerveuse. J’ai parfois du mal à supporter les compères, eux mêmes n’ont visiblement qu’une idée en tête : arriver. Ils me posent fréquemment la question « combien reste-il ? (jusqu’au repas, jusqu’à l’arrivée, jusqu’à la prochaine halte...) »
A un moment donné, je réponds, excédé, « plus que 20 bornes ! » et ce sera ma réponse stéréotypée durant les deux jours suivants, quel que soit l’endroit et le moment de leur interrogation.
Mais bien sûr, ce qui devait arriver arrive, et le dimanche 25 nous arrivons réellement à « plus que 20 bornes », distance fatidique elle même marquée (comme tous les kilomètres) par une borne. Nous ne ratons pas celle ci comme nous avons raté celle des 100 km. Les photos souvenirs s’imposent !















Aujourd’hui 26/06/08 J-37, plus que 780 bornes !

10 ans plus tard, sur cette photo vue ici, moins de fougères mais l'on reconnaît le filiforme arbuste qui était à la gauche de Freddy et qui a épaissi de quelques centimètres (l'arbuste, pas Freddy) !





























mercredi 25 juin 2008

Caminante, No Hay Camino

Dans le petit fascicule que j'avais fait pour la présentation et la préparation de Santiago 96, j'avais mis en conclusion ce fabuleux poème d'Antonio Machado :

Caminante, son tus huellas
el camino, y nada mas ;
caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace camino,
y al volver la vista atras
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante, no hay camino,
sino estelas en la mar.

Marcheur, ce sont tes traces
ce chemin, et rien de plus ;
Marcheur, il n'y a pas de chemin,
Le chemin se construit en marchant.
En marchant se construit le chemin,
Et en regardant en arrière
On voit la sente que jamais
On ne foulera à nouveau.
Marcheur, il n'y a pas de chemin,
Seulement des sillages sur la mer.


Le voici en une vingtaine de langues sur cette page.

La tombe d'Antonio Machado à Collioure, photo trouvée ici (je ne retrouve pas la mienne...)